05.11.2009
de l'or
absolument pas le temps d'avoir compris cette soirée de mardi soir - j'ai démissionné, j'ai videoconférencé, tu as appelé au téléphone, j'ai raccroché, j'ai baffouillé, j'ai raccroché, je suis allée à table, tu as sonnée, on a toutes mangées là avec le regard brillant.
j'ai fait le panda de très longues minutes!!!!!
tu m'as laissé faire.
i-nou-bli-able, un trésor.
j'ai vu de l'or à travers
tes yeux, tes gestes
les goûtes de pluie sur ton ciré.
22:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
con-fu-sion
CON-FU-SION
marche et broie du calcaire, prend des décisions
à l'aveugle
eve vient de démissionner.
à l'aveugle - on les prend pour elle
ne peut pas mourir, ne peut pas faire un pas, n'a même plus le temps de pousser un mot devant l'autre, ni de nommer
maintenant, on lui repproche de ne plus savoir, de prendre 5 minutes
qu'elle ne prend pas, la tête branlante sur le carrelage et les bras relâchés,
on l'encourage,
ne SUPPORTE pas le regard et les vexations partielles, l'éducation populaire.
ras le cul.
la terre est arrêtée depuis dimanche 1er novembre.
l'étoile mâchée retombe à terre et s'enfouis
et foule sous les semelles molles
morues qui toutes se tournent d'un même mouvement vers les moulins euphémiques.
je me marre.
quand j'avais sept ans,
j'ai dit à ma mère
amène moi à la mer et mets moi sur un bateau,
des espadons argentés électriques!!!!
si l'eau devait sectionner mon esprit, si l'eau devait couper ma vie, me libérer, je m'en fous!!!!!
quand j'avais sept ans
mon père m'a dit
mais tu sais pas nager!!
et j'ai jamais plus rêvé de la mer.
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12.10.2009
menthes gelées
bourbon et sable
tout à l'heure, les menthes gelées
sont tombées sur son corps de nouveau
avec rage, il a tenté de trancher dans le vide,
refaisant dans sa tête ce schéma de son propre bilan ;
se préparant au deuil pour ne pas avoir à le faire.
Le vent dans les graminées semble déjà loin, L'ETERNEL RETOUR AUSSI.
09:05 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.10.2009
malagar
Double réveil qui masque,
pantoise, l'éclosion du soleil,
moite au fond de l'année de peupliers qui plongent
et courbent le dos de la butte ;
au sommet de la maison et sa vigne,
des voix succombent à l'ombre
des fûts, de l'humidité arômatique qui grimpe le long des bois,
poutres, et vitrines mortes.
09:02 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.10.2009
elie
Il a décidé de changer de genre et de technique, mais toujours, il pense, mais elle ne tombe jamais, il ne faut regarder que d'en haut ce trou qui se creuse sous ses pieds, buvant une bière fraîche sans envie en attendant qu'il se passe quelque chose. Même ses poumons ne lâchent pas, il ne passe pourtant pas le coup de fil qu'il a promis. Lui prend le désir de serrer une vieille dame qui sent la poudre dans ses bras, d'embrasser la réussite. Au lieu de ça, il renoue avec des gens qu'il aime pour tenter, dans le présent, de vaincre. Elle lui a dit qu'elle l'aimerait toujorus et qu'il fallait qu'il ne change rien, mais elle mentait sans doute. Il éprouve des choses contradictoires pour la femme inconnue. Elie existe, Elie réexiste, il faut qu'il se dise qu'il vient de naître et qu'il n'y a non seulement pas de gloire déchue, mais surtout pas de gloire avortée. Elie n'est pas un avortement. Elie est au milieu, il a le choix, ou plutôt il ne l'a pas parce qu'il existe déjà. Elie va tellement mieux parce qu'il existe! Il est la bonne solution.
08:55 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.10.2009
absent
Il est entré dans la pièce, a calé deux bières avant de se diriger vers le salon etde tourner le dos au vomit des chiottes, a dansé collé-serré 4 heures plus tard, a raconté sa vie à une femme très différente et probablement insensible. Et tourneboulé, souffre, cherche des fuites, trouve et échoue. Retour en arrière dans un cadre de porte, contre une armoire, il dit "j'ai l'impression que je vais mourrir" mais ne meurt pas bien sûr, parce qu'après il y a demain. Il a décroché, prend l'avion pour le Sud, a sû se rendre disponible. Il est absent et attend que ça passe.
08:50 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.10.2009
baume vénéneux
Un simple hurlement
pourrait sortir
un simple blanc, une contracture musculaire, fourmillement, brûlure triangulaire.
Genoux concassés, yeux qui pointent!
tu ne peux pas
me prendre.
Une douce chaleur, celle qui pense et desserre la tenaille qui serre mon front,
celle qui perd et plane,
hisse le pavillon
je rêve.
Je rêve, j'ai mal, j'ai si mal.
Je reste immobile.
J'attends la glace ou un peu de fraîcheur,
de baume : une plante vénéneuse.
08:46 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.09.2009
paz
Les choses ne sont pas à leur place,
elles n'ont pas de place
elles ne bougent pas
elles bougent
des ailes leur poussent
des racines, des griffes, des dents
elles ont des yeux, des ongles, des ongles,
elles sont réelles, elles sont fantasmes, elles ont un corps
elles sont ici
elles sont intouchables.
13:42 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2009
tribunal
Eve se balançait autour d'un étang
Pierres Carnassières
Oeillades Electriques
Vacarmes Harnachés
Panique de Singes
Marge Taciturne
Fente Tremble
Lèvres, front indéchiffrables
Tissage irréfutable de raisons
Jointure aveugle de pierres
LE TRIBUNAL CONDAMNE CE QUE J'ÉCRIS
LE TRIBUNAL CONDAMNE CE QUE JE TAIS
LARGES ÉPAULES DE CE MONDE
bourré de raisons enemies
porte, porte condamnée.
00:16 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.09.2009
perplexité
Eve aux textes de verre,
se lève ce matin avec la même perplexité
sans la force de mentir ni de mordre
ni de narrer, ni d'ouvrir les yeux
pour en laisser sortir ce qui en sortirait sûrement.
Eve ne peut se montrer
Ni ne peut bouger, ni répondre
Eve Bouche-cousue
et, sadique, avoue à demi-mots et frappe plus fort
Eve-il-manque-une-case
Evinvalide
Evenlutte
Ne ressent pas délectation aucune
Fait de la double négation, se partage
Fait l'étoile en privé, ou le christ caché
Quémande et, le lendemain, aimerait s'endormir.
Adulte, elle se couvre de bijoux.
Aimable, elle charbonne de l'intérieur.
Double, elle prend la fuite.
00:09 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
bar-que
Eve de bon matin, des siècles plus tard ;
oscille toujours et tente.
Eve sur une barque qu'elle n'arrive pas à remettre à flots,
Eve sur une barque percée, sur une barque trop légère.
Eve a honte. Elle rame de toutes ses forces mais rien n'y fait.
***
Elle pousse la porte et reconnaît Sandra de profil, se détourne car n'ose pas regarder et traverse le groupe d'amies, les regards posés sur elle, sans les regarder.
mais soudain des mains sur son épaule et de la chaleur, des sourires et les accolades.
Dubitative mais très émue, elle en profite mais se rend compte avec horreur qu'il s'agit d'un malentendu et qu'elle est toujours aussi enfermée, seule à savoir les raisons et l'issue.
Elle s'enfuit, n'ayant pas le courage des les détromper.
00:06 Publié dans rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.09.2009
fenêtre
Eve qui cherche dans la longueur, qui laisse la vitre ouverte et sa cage torassique.
Tente de retrouver son âme parmi les couches de vernis, fait oeuvre de persuasion.
Tente pour la première fois d'oublier, d'éviter une nostalgie qui en est une dénaturée,
à la lumière des torches elle regarde les ombres dedans et la lumière d'une autre horaire par la vitre
qu'elle a paisiblement posée à côté de son lit, sans savoir si c'est pour se rappeler que c'est possible ou pour éprouver que ça ne l'est pas,
ou simplement pour noyer le doute sous un écran de fumée, de brume ou de vapeur d'eau,
Eve ne croit pas la cendre parce que d'expérience le monde ne se consume pas au même rythme,
elle essaie de se convaincre de la permanence du rythme et ne regarde surtout pas les mouvements sur sa gauche, la vie par la fenêtre,
elle ne veut pas manifester le moindre tressautement de sourcil, de cil, le moindre doute,
qu'elle ne ressent d'ailleurs pas, étant elle-même, toujours il y a un atroupement dans la rue en bas, des êtres vivants,
eve ne peut pas mourrir parce qu'on lui en voudrait et elle n'en peut plus qu'on lui en veuille, eve ne peut plus bouger ;
il est 15h par la fenêtre, elle ne sent plus les odeurs parce que tout ce qu'elle peut exprimer de négatif c'est de la fumée de cigarettes ;
elle aimerait être une orphèvre, mais elle ne sait pas,
porter un masque ou une cape,
fermer la porte, mais elle ne peut pas,
Eve visible, Eve visible, Eve a le souffle court.
23:58 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.09.2009
défragmentée
Eve obsédée par le retour du même
Eve hystérique ou impuissante
Eve la langue
Eve la gravité
Se prend les pieds et meurt
Se prend l’apéro et meurt
Se prend d’affection et meurt
Ne se prend jamais une baffe, ni des bleus ;
A décidé de faire autre chose.
A décidé un soleil neuf.
A décidé que la force ne lui venait pas d’elle
A décidé de se couper les jambes.
A décidé d’abandonner la rime et la chanson
A fait le malheur d’un monde
A du noir partout sur son visage
A fait le bonheur d’un monde
Eve difractée, Eve défragmentée
Eve offerte, Eve inexistante
22:33 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vase et eaux
Oscille entre vase et eau, sur le flanc d'un bord puis l'autre,
elle verse, se retourne, tremble ; suit le fil et se tord,
cherche la lumière et s'évapore.
Elle remonte du fond de l'eau baveuse. Elle chante au vent.
Elle s'ouvre la poitrine pour rester éveillée.
Elle reste en surface et pèse la surface à l'aune de son cou,
elle balade ses tripes entre nénufars et froideurs ombragées.
Elle respire les fleurs et meurt.
Elle cherche à réactiver son organisme, elle marque la cadence, elle attend que le soleil tombe et le vol des grues.
Elle attend le lendemain, se poussant à droite puis à gauche, ne sachant pas.
22:30 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.08.2009
possible?
Peut-être que c'est possible, ce matin au son des marteau-piqueurs, la queue des nuages, peut-être, cache de l'optimisme et ton souffle pourrait me remplir sans que je m'en rende compte;
une autre vie, un bonheur peut-être, un déplacement ;
sans doute faut-il accepter de comprendre qu'il n'était pas où je voulais qu'il soit. Paris neuf, Paris neuf, c'est vers là que tu rentres et non Paris désert.
S'emballe, si seulement tu arrêtais de tout obstruer, ton souffle par exemple!
Le monde change, finalement, tu sais que ce n'est pas toi qui le fait tourner.
On peut faire des projets partout, et tu peux louper ta vie dix fois et la retrouver dix fois, au grès du souffle de quelqu'un.
22:49 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.08.2009
cercle 2
(au dessus du cercle)
TU NE SAIS PAS
22:47 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
cercle 3
(au dessus du cercle)
IL SUFFIT POUR UNE FOIS QUE TU RAISONNES THÉRAPEUTIQUE.
LE PROBLEME TU LE SAIS, EST QUE TU NE TE PARDONNES PAS.
PERSONNE NE TE DEMANDE DE TE PRIVER DU VENT.
22:47 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Cercle 1
(au dessus du cercle)
ESSAIE DE VOIR AUTRE CHOSE
CE N'EST PAS UN SPECTACLE // IL Y A DE LA CIRCULATION
(au dessous du cercle)
TU VOIS BIEN QUE C'EST PLUS GRAND ET AVEC TOI
TU VOIS BIEN QUE TOUT NE SERAS JAMAIS LA
22:45 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
avant les cercles
Cruelle! Il faut que tu retrouves ta volonté, et que dans un creux meurent, foulés au pied et les dents arrachées (je ne peux pas me spliter en quatre),la suite ou le passé ; le début d'une histoire qui vit, tellement pareille et tellement la vie. Il faut que je me rende et je ne le veux pas, encore arrachée, encore incapable, encore dénaturée, que je me restitue à ton nom, encore, du haut d'une tour de carbone ou sous le gel. Je crois, je crois! mais cela tinte à mes oreilles et me pique les côtes, me tire de part et d'autre, peau du dedans, peau du dehors qui discordent et jouent toujours à la scie musicale, Eve la tortionnaire et la troubadour.
Mais soudain la lune et doucement s'endorment les insectes et le bruissement des terrasses, et meur mon propre assoupissement - le nez levé, traquant la moindre chance dans le ciel noir.
Je suis affligée par ma ténacité et ma longévité - si seulement, du bout de mon ongle, je pouvais la leur offrir, à tous ceux que ça importe, un bonus de temps, de peau, de chance. Si seulement mon amour pouvais prendre cette forme purement extérieure et utile - le bonheur d'un vers, d'un gland, d'une vieille dame, d'une biche, ou d'un saumon! what a waste, what a waste, what a waste, eve, que ce que tu fais pour le monde soit tout tourné vers toi - s'ouvrir le torax!
Je n'ai même pas perdu les fleurs, je n'ai même pas perdu la marche au soleil, je n'ai même pas perdu mes globes occulaires, je n'ai même pas perdu mon destin, je n'ai même pas perdu le droit d'être japonaise.
Je n'ai pas de clef, je n'ai pas l'orthographe, ah, saligaud! Mais c'est odieux. Quelle solidité a donc la trick e l'épreuve? (l'histoire le montre, inutile de se tourner vers ce côté-ci).
Je ne peux plus me tourner vers l'amour - je m'y tourne comme vers le reste, sans rachat! [la plus grosse surprise] [le reste eut été l'inverse]
Eve ou l'amour. Quel ennui. Eve ou la morale, ou la volonté, ou le destin, quel ennui. Evve sans épreuve, comme tout le monde, occupée jusqu'à la retraite. Eve à la retraite et si loin de la fin. Va devoir chercher du neuf dans son rire, trouver du cristal, trouver la paix dans son nouveau coeur, convertir, convertir et faire taire, tasser, pour que dans un creux meure, foulées au pied et détruites toutes traces de eve. Va devoir se dire sans relâche (ah, sans relâche!) que c'est possible, que ce n'est qu'une question d'endurance et de ressources, va s'assoir sur ses ressources.
EVE NE VOULAIT PLUS JAMAIS TENIR UN TEL DISCOURS
Va devoir s'arrêter de se tromper et de rabattre ce qui se passe, se taire, se taire, se taire. dessolidariser les choses. Laissez-moi derrière vous. Laissez-moi derrière vous. Va devoir se tourner vers les autres. a besoin de quelqu'un. Va commencer de nouveau cette bataille là. Va devoir arrêter de rabattre le présent et de parler de vieilles batailles. Va devoir gagner du fric pour aller chez le psy. Devrait faire l'effort d'écrire sur un autre être vivant.
12:18 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.08.2009
mouches
Je n'aurais jamais dû. Ce jour, où je me trouve couverte de mouches dans l'herbe qui, pourtant, je le pensais, m'avait accueillie, je suis au bord de me traîner par terre pour te supplier de me reprendre, de revenir, de me pardonner. J'ai coupé chacun des fils, de chaque côté, je me suis effondrée par terre, et je suis maintenant couverte d'insectes, inerte. J'attends à nouveau que les heures passent. Ca je ne le voulais jamais plus.
Eve, renversée sur le dos, le ventre ouvert aux insectes. eve gonflée et putride. Eve soliloque. Eve aux pieds gelés, aux lèvres tuméfiées ; Eve sans salut, semeuse de troubles.
22:23 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.07.2009
impossible 2
tout ce qui est impossible ne l'est qu'à temps que ça ne le soit plus
tout ce qui est eve ne l'est qu'à temps que ça ne le soit plus
eve n'est déjà plus sur son champ de bataille,
elle combat dans le vent.
Eve se suit, elle n'est pas laissée derrière. Elle est toujours avec elle.
Le champ et la chaise son vides.
12:17 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
impossible
Enfant je me suis penchée là
Déjà je trouvais ça impossibe
j'y ai goûté, déjà je trouvais ça inhumain
Enfant, me demandant ce que c'était l'humain,
sans comprendre ;
et je fixe des bornes que je transgresse pour mieux les sentir passer.
12:16 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.07.2009
habitude
On s'habitue et pure demeure notre,
notre habitude au temps et à nous-même
Je marche et à mon pas se modifie
mon pas.
12:15 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2009
pas d'organes
Je peux dire que maintenant se trouble l'image générale de mon corps, de toutes les autres choses, comme lavées à l'eau savoneuse, à la javel ou à l'acide du soleil, de la température venteuse, je suis réduite à zéro, à un humain content et absurde qui n'a (donc) plus d'organes sauf une surface, j'ai dû tourner ma tête de côté sans m'en rendre compte, broyer les images avec mes petits os, changée, téléportée les pieds sur l'herbe, sans une once de vibration qui ne soit extérieure, qui ne soit une mouche. Je peux presque me donner tout entière. J'imagine que je peux vivre la même chose ailleurs, dans une vie parallèle, même heure, même taux d'humidité. Même signification de l'odeur. Même intimité, autre habitude, peut-être. Eve le chat, Eve le monstre, eve la pomme. Eve a plusieurs vies et est en sécurité. Eve est déjà morte, Eve est pareille. Eve et la corneille. Eve à la force infinie. Eve déposée par terre comme un flocon. Eve en lutte. Eve indifférente. Eve cachée ; eve à l'estomac de cailloux, à la coulée d'eau glacée, Eve translucide, Eve vraie et fausse.
22:14 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ferveur
Nu pieds, va, c'est comme ça qu'il va falloir que tu marches à ton Dieu
Epines et peurs mêlées
Grandissant à travers une vapeur de givre étincelante, éclatée et charmante, qui à coups de griffures fait entrer, petit à petit par tes pores et tes ouvertures - celles de la vulnérabilité des autres, qui est pire que la tienne - heureusment qu'il y a morale et damnation - un coup de vent!
je te vois courrir, je te vois dans ton bureau, ou je me vois dans le metro ne plus te voir, ne plus avoir d'organes, faire des souhaits pour toi, à l'ombre, doucement, ou me saouler violemment , avec volonté. Je me vois ridicule, m'en remettant. Désabusée ou fervente, dans l'ultime et misérable espoir de payer pour ou d'en rajouter, ou d'en faire quelque chose, ou de l'oublier.
Mais je m'endors doucement au son de mes discours futurs - et je me vois marcher, rétrospectivement, ne faisant que pressentir que ça devait se passer.
22:06 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.07.2009
lacs d'ardoise
Pas d'ardoise, ici, seulement des lacs de plomb,
d'étain ou de mercure, qu'aucun des vents ne frippe,
qu'aucun esprit n'anime, qu'aucune main ne prend,
modestes à survoler, piétinés par la foule,
pâtinés en hivers comme une armoire noire
ou bien délaissée là, des années d'entresol,
grise et renflée de crasse et devenue granit.
Nous y voilà encore, aux portes du désert,
mais d'un désert de souffle, de peinture écaillée
et de dos d'âne lisses, de spéléologie.
Eve a vendu son âme, mais elle y pense encore,
Eve voit sans arrêt la lune bosselée,
et ses lacs et ses pierres,
son dieu ses perles rares.
12:11 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.07.2009
morale!
Merci, morale!
Et la douleur s'estompe, portée par la grâce ;
je me retrouverai à nouveau lestée justement. atterie.
11:33 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.06.2009
arbre
J'irai dans un parc et j'enfouira ma tête dans l'herbe pour en respirer à plein poumons.
Je resterai là jusqu'à ce que mes cheveux se mêlent aux trèfles et ma bouche ne soit plus qu'une calcification compacte ; là je tâcherai périodiquement de lever les yeux vers la lumière pour ne pas en perdre une miette, je tâcherai de suivre les ombres tournantes sur le sol et l'itinéraire des de la moindre fourmi. Je plierai mon dos dans le sens du vent. Je ne lui offrirai plus la résistance de ma nuque. J'éloignerai de moi leplus possible mes doigts, dont je priverai l'usage de mes articulations de la même calficiation compacte que celle qui s'occupe d'emplir ma bouche de sable. Je saurai que je suis sur la bonne terre, celle où l'ipséité n'a pas d'importance ou alors se trouve véritablement. Je laisserai pousser les pousses les plus communes, les plus citadines, germer dans mes oreilles, ma cornée gêlera telle celle du crocodile ou du caméléon, dont je revêtirai aussi peu à peu l'écorce. Les chênes puiseront de leurs racines et de leurs pores à mes émanations, à mes restes dissous. Je figerai dans ma pupille jusqu'aux rayons du soleil oblique et je perdrai peu à peu le sens de la mouvance des nuages, ainsi que les mots pour les décrire. Mon oesophage se fera une autoroute pour termites et autres rampants, dans une odeur d'humus pétrifié.
Mais voilà le ciel qui se couvre et me couvre de cendres, de cigarettes trop longtemps fumées, qu'un orage s'annonce nord-ouest.Que je dois retrouver l'amour et la force de mouvoir mes jambes!
11:25 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.06.2009
montreal
Avec paix et candeur (!) je retrouve cet environnement perdu et de manière inattendue je ne suis pas subjuguée par des souvenirs de toi, non c'est quelque chsoe de bien plus ancestral qui reparait, dont j'éprouve avec délectation la caractère obsolète et heureusement perdu. je suis neuve, et refuse d'emprunter les réseaux anciens, il va donc autrement falloir trouver des moyens inédits de reconnecter avec ce monde qui m'est pourtant familier. Se reposer. C'est la première fois que je prononçait cette chose absurde : j'ai fait deux maitrises à la suite, les deux en philo. C'est débile, dit comme ça.
Arriver ici c'etait comme retrouver quelqu'un de mort.
11:20 Publié dans atmosphérique! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.06.2009
walt
"As soon as Walt knew a thing, he assumed a One Identity with it. If he knew that an Eskimo sat in a kayak, immediately there was Walt being little and yellow and greasy, sitting in a kayak".
"Oh, beautiful generalisation and abstraction!
Oh beautiful biological fonction".
11:18 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2009
temps
Pourquoi tout cela me laisse-t-il dans une telle insatisfaction? Le temps passe - et pourtant, riche et plein! S'il ne me manque rien, c'est de l'intertie, de l'apathie, de l'aise, de la paresse. Rien ne me ronge jamais... Mais qu'est-ce que tu cherches? t'attends quoi??
Tout se déroule à la vitesse d'une couleuvre, d'une fleur, d'un escargot qui se déplie. Ma vie se déploie mais passive, j'attends que quelque chose vienne ou disparaisse, ou j'attends que rien ne se passe jusqu'à la fin - je suis bien aise! C'est tellement absurde, tout ça. Et pourtant, je n'ai que ça. Parfois ça m'indiffère, et parfois non. J'aimerais dormir et ne pas courir après. Ne pas! Ou j'aimerais au moins courrir après. Il y a des choses que je n'ai pas intégré petite.
- il faut que je fasse ce tatouage avant qu'il ne soit trop tard
(mais il ne le sera jamais)
- rappelle toi madrid et ses ruelles seule, la rumeur dans les rues étroites, l'errance et le vide, rappelle toi le tien.
- seul on s'approprie - mon désir d'immortaliser disparait en groupe. Je n'en veux pas de souvenirs à moi car le moment n'était pas à moi, faisant confiance au collectif - hypothétique mémoire collective! moment partagé = perdu et sauvé. Rien qui ne me regarde en propre.
11:12 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2009
pragma
juste un petit message pour entériner le fait que j'ai définitivement, du moins pour l'instant, basculé ces carnets sur papier. mais cela pourrait bien changer avec le macbook - mais j'ai de plus en plus de mal à lire mes petits billets de complaisance.
c'est que je n'ai plus de nouvelles intérieures, et ne puis encourager des développements fantasmatiques qui m'entraineront à coup sûr bien loin de là où je suis en train de m'efforcer, sans effort, d'aller.
restons-en donc aux nouvelles pragmatiques : j'ai donc démissionné d'Amsterdam, mon contrat se termine dans 1 semaine et je suis en train d'éditer le livre de Maurizio Lazzarato avec lequel je termine; il est rien qu'à moi et je m'apprête à offrir une semaine gratuite de mon temps à Amsterdam pour le terminer; bien que ce petit velours risque de m'être refusé par pur jeu de pouvoir. Un salarié, c'est très facile à frustrer.
j'ai été engagée par Lux pour faire la diffusion/promotion de leur livre en France à partir de la fin du mois d'Aout, et ce pour 12 mois.
j'ai appris à l'occasion du salon du livre de Genève dont je viens de rentrer que la tentation n'était pas maquée avec lf ; ce qui m'a bien sûr balancé dans un drôle de rêve où elle était en robe blanche, dans une ville en pente, avec un bébé-poupon - je crois qu'elle était un peu mélangée dans mon rêve avec Z. Je lui ai écris à mon réveil comme à mon habitude
parce que lux me fait venir en juillet. j'amène mon couple.
à vrai dire, ce n'est pas la même chose que j'ai basculé sur papier - il se trouve que j'ai bien des réflexions obscures à nouveau! rien, donc, de narratif.
j'ai parfois l'impression d'avoir des crocs qui percent ma peau deci delà et qu'il faut que je m'enfuie pour me cacher.
17:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
huile
Il me faudra indiscutablement clarifier et explorer les clarifications de cette situation qui, je le sens, au fond me brise le coeur - je ne le sens pas encore parce que comme vec d. le soulagement prime les premiers mois, mais il faut faire attention à l'imprégnation intérieure, à mon emplissement comme par un souffle, comme une injection d'huile qui lentement se répand, sûre, et repousse le sang ou le colonise, ne s'y mélangeant pas ou l'assimilant, aussi lente et sûre qu'une coulée de goudron ou de caramel, elle regonfle le bout de mes doigts et passe derrière mes yeux, fluide qui pellicule et change imperceptiblement leur éclat et leur nature, la matière de leur profondeur, on pourrait y tremper le doigt comme dans une marre ou un bol de bouillon sans qu'aucun rond n'y reste, résorbé, lissé dans la seconde.C'est cela qui ralentit mes mouvements et mon pas, affaiblit ma prise et fait retomber ma tête lourdement! PLeine d'huile, plus rien de bouillonant, plus qu'une coulée tiède avec laquelle je me coule d'un lieu à l'autre d'une démarche de souche pourrie.
11:04 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.04.2009
bois et ponts
Tous les petits ponts boisés, toutes les rivières mes renvoient à d'autres ponts, ceux de strasbourg et leurs sandwich, ceux de Tubingen, nocturnés (début à la fin) et leurs sandwich. Tous les petits trains me renvoient à de pultiples trains, Allemands, baltimoriens ou philadelphiens. Je me suis débarassée des avions! Rien de tel. Tous les petits bars de bois, l'été, me ramènent à cette taverne de Tubingen.
Tout cela seule.
Ce soir, au bout de l'avenue de Carouge à Genève, au petit pont à canards ; j'ai marché pour traverser mes trois villes et j'ai abouti le long de cette grande place en losange, déserte, où jouait un cirque ; qui était un but mais est devenu un simple point de passage pour le plaisir de la transgression, encore quelques kilomètres tout droit, une plaque tournante. Mes muscules tressautent à la pause. Et j'arrive dans la vraie ville, celle de journée et de soir aux avenues larges et aux feuilles bruissantes, aux terrasses clairsemées, aux pressentiments de quotidienneté. traversée comme une artère en un aller-retour, je fais une boucle et m'arrête pour carresser les jeunes feuilles, celles qui bruissent, du plat de la main, du creux de ma main en petite boule, je veux tellement les remercier. Malgré ma stupide fumée de cigarette, des bouffées de fleur fraîches insistent pour m'ébouriffer et me faire lever le menton vers les fenêtres éclairées et tourner sur moi-même. Faire une sieste sur la banc au bout de tout, qui me fait penser à place ville marie à montréal, là où j'avais l'impression qu'avec le pont sortait la ville.
Une heure a suffit. Tu vois, pas besoin de toute la vie.
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acquis
Eve, il y a un temps pour travailler, et un temps pour être émue par l'odeur des feuilles et les éclats de voix dans la rue. Tu te rends bien copte que ce n'est pas le même. Que l'un ne tue pas l'autre. Que tant que tu auras l'autre, tu peux faire n'importe quoi, tu seras toujours en sécurité. Que tu l'auras toujours. Que personne ne peut te le voler. Que le rendre plus rare, peu importe - ça rejaillira toujours.
Ne serait-ce que parce que toujours ça te renverra aux moments précédents. Et tout, toujours, te renverra aux moments précédents. Il n'y aura pas de pire. Il n'y aura pas d'annulation, d'aliénation, ou de ligne droite. Il y a aura toujours ce qu'il y a eu avant, il y aura toujours du vent, ne serait-ce que pour quelques minutes rarement. Tu ne compromets rien, jamais. Il y a un certain nombre de choses qui sont acquises.
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22.04.2009
Golden Gate
Plein et la surface embuée, je balade un sac de caillots de plomb froids qui se mêle au souvenir du métal du Golden Gate bridge sur ma joue ou de son garde corps contre mon bassin, ou sous mes sandales. Nous avions l'impression de voler, j'avais laissé ma chaussure boueuse sur un rebord vaseux de la garonne et avait décidé, des années plus tard, de m'envoler vers l'atlantique pour te retrouver, toi et mes ailes maintenant, ou plutôt ensuite, calcinées ; nous y avions cru à nouveau, au baume de la maturité, mais tout cela demeure une énigme, maintenant, hier et demain, et je me promène un sac de cailloux roulant dans le creux de mon bassin, et je l'entends rouler comme j'entendais mon cerveau à l'époque grincer.
Il n'y a plus de lumière maintenant, ou une lumière crue de néon qui dénature ce qui n'a jamais été. Nous sommes dans le silence d'un bruissement de vies maintenant à leur place, et des années plus tard ce qu'il s'est passé je ne me l'explique toujours pas. Je parle périodiquement et formule la question à haute voix. Mais je formule la même impasse, inhérente à la formule, perplexité. Je mêle la translucidité, maintenant, de l'eau de l'aquarium de baltimore ou de sa verrière en ce jour translucide, de sluche, de mon de et de canicule, à celle de l'air de san francisco et de son ciel mauve, à ta voix, à ma démarche, à l'Allemagne et à rien. Nous avons, au fond inculte et archaique, ce qui s'est passé - c'est ça qui nous perd! Toujours ce mythe, mêlé pour toi je suis sûre à des lieux tout aussi confondus et irréels. J'ai raconté l'histoire de notre fin sans fin hier soir, je n'avais rien à dire, dès que je laisse mon récit et des des yeux objectifs se poser sur cette histoire, une coulée d'azote me descend le long du dos et brûle mes pupilles, gèle ma langue, et déclanche une fureur de haine contre les mécomprenants ou mes fautes et mes aveuglements. Jamais je ne peux entendre cette histoire. Ni même de mes oreilles, je ne la comprends pas - qu'elle est le fond de vérité obscur, partagé et inaliénable! Mais elle est là, la part d'aveuglement. Et la part de justification inventée aux attitudes inacceptables!
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02.04.2009
noix
Qui lasse le soir et le rend indigeste,
comme une noix creuse qui balotte tout au fond et roule sur elle des gravillons aigus
circulent mes coeurs, foies et reims dans mes veines aigries. Quelle chance : je me tourne et donne mon autre profil.
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01.04.2009
langue
Perdant le décalage de la langue, le caché, le clos,
Ruissèle le sens. tombé goûte à goûte et déroule
maintenant ses longs sillons, ses veinules linéaires et sans chaînons manquants.
Essaie de l'obscurcir, essaie de l'ethérer. Essaie d'en faire la trame de mon manteau d'hiver.
Il dégoûte à mon dos, il poisse mes cheveux.
[Mais jamais je n'arrive à retrouver ce coffre à double fond, le volume caché]
Je me renverse donc : vomissant se mes souliers, la tête brisée comme un oeuf -
la cartographie immuable de mes déroutements et voix a bien fini par fendre, sans croûte possible!
On ne peut pas être dans une seule langue.
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27.03.2009
lavée de verre
Lavée de verre, je fixe le ciel qui t'a perdue.
Le jour, il semble démeusurément haut, bombé, axé à ses rayons obliques dans un sol de glaise lourde, de vignes et de pins maigres. Tu n'y es pas, tu n'y brilles même pas par ton absence - au lieu de cela, c'est de la grenaille de pluie qui cingle au visage, d'un coup, alors que le soleil rougit.
Je ne sais soudain plus pourquoi je suis là ; les nuages s'assemblent, homogènes et noirs, comme aspirés au sol par un trou sans fond.
Tu n'es pas là, tu n'es pas là, et les lacs sont de plomb.
Le paysage est vide, ma description est vide et ma bouche mâche du sable.
Je ne m'en vais ni ne m'envole nulle part et je n'ai plus l'odorat du large, ni de la mousse, ni d'ici - Ni de là-haut!
On ne pose plus les questions franchement.
On n'ose plus.
On est paralysée.
On n'ose plus avoir de désirs légitimes, ni de désirs cachés.
On ne sais plus ce qui est légitimie, vrai, faux.
On est sous l'averse, on ne sait pas si elle est vraie.
On regarde le ciel, on ne sait pas si on y a droit.
On ne sais pas non plus si on appartient aux flaques par terre ou non.
On ne sait plus si l'on est chez soi,
ou s'il y a un loup derrière la porte.
On ne sait plus si la météo est possible
On ne sait plus si on est bien ou pas
- ni même les sons, les voix
[Finalement, si le sol ne va pas céder devant soi]
On ne peut plus se poser la question de Dieu, on n'a plus le temps ni l'espace.
On est enclins à examiner, tourner autour, et laisser là, dans la panique ("j'aimerais mieux pas").
On vend bien sa soupe parce qu'on ne sait plus faire autrement.
Parce que la question "est-ce que cela est juste?" est brisée
On se plie en deux, on se contorsionne ;
on se fait contorsionner et éreinter les tendons.
On n'ose pas acheter un titre de transport, ni ne pas en acheter.
On ne peut plus lire le regard des gens, on n'ose plus.
On y lit tout le contraire, ou tout ce qu'on veut, ou ce qu'on veut pas.
On ne s'éveille pas, on ne s'endort pas
On peut tout tenter et rien ne se passe,
on en revient à vendre sa soupe.
On n'ose plus la satisfaction
Mais ni non plus la stupeur.
La question "est-ce que cela fait sens?" est brisée.
La famille ou l'appartenance est brisée.
La parole est inaudible, ou blessure, c'est sûr.
On y travaille, mais on travaille à l'inverse.
On reste indifférente à l'odeur de sa ville natale!
Et à sa lumière.
On essaie de décaler les rythmes et les temps pour se distraire ;
mais on reste indifférente à la lumière!
et à la nuit. et à l'heure.
On ne sait plus que faire de son temps.
09:27 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.12.2008
note pour MVB, qui a besoin d'aide
Une nuit dégueulasse et infinie vient de passer, de quoi s'en plaindre. A nouveau, on n'est bien à donner que si l'on ne souffre pas, avant, du manque de ce qu'on donne - sinon on a l'impression qu'on nous prend, et c'est quasi-impossible à convertir en don (comme il le faut toujours). Or donner du sommeil pour moi en ce moment est impossible, parce que je n'en ai pas le minimum vital. et me réveiller à 5h alors qu'on est samedi matin est intolérable - je m'en veux beaucoup. Mis le nez par la fenêtre pour voir les nuages rougeoyants qui me partent en voyage, mais refermée aussitôt (dans sa coquille) - pour me protéger de cette vision d'horreur sur mon propre enfermement parisien. Lu deux BD (nulles), regardé un bout de film d'amour (nul), ai mal aux yeux ce matin, alors que je dois relire les Putes (bien). Mal au ventre - la femme biologique parle en moi!
c'est un peu triste, les hommes ne provoquent plus chez moi aucune curiosité - sans qu'ils soient moins un mystère pour moi qu'avant.
je cherche un peu mon ancien fantôme à travers le dernier livre de tarjei vesaas que je n'avais pas lu (et ce lever de soleil - mais tu vois l'attitude que j'ai eue par rapport à lui)
je cherche la fantaisie mais apparemment je m'en fiche quand je la trouve - d'ailleurs je la cherche mollement (c'est que j'ai du mal à me contenter!) (au cas où le contentement serait un symptome de la cécité)
12:39 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2008
nouvelle eve
j'essaie de me coller aux 39 heures. toute une affaire, impossible. Impossible, aussi, d'arriver au travail avant 10h10. Démoralisée que mon contrat de soit pas contrat-d'avenirable. Enfin, contrat... si contrat il y a. eve n'a rien signé, eve ne déclare rien, eve est exploitée ou non, tant qu'il y a gratification symbolique. eve délaisse son ordinateur portable et ses pensées secrètes. eve consomme la littérature et oublie ani difranco. eve boit du vin et mange du saucisson, et maigrit quand même (sauf ce week-end). eve est une adolescente attardée, sauf quand elle a un rapport d'une maturité exemplaire avec son travail, ce qui arrive la plupart du temps (mais personne ne sait qu'elle pleure en cachette pour faire échapper la pression) (sauf son patron depuis qu'elle le lui a dit et qu'il l'a mise aux 39h en se disant pauvrette). eve, ce soir, veut tout faire en une soirée
. eve a peur de redevenir une grosse baraque si elle s'adicte encore à la capoeira, alors elle n'y est pas allée ce soir pour regarder des séries télévisées, et au lieu de cela elle tente de retrouver à nouveau quelque chose de perdu et elle fume des cigarettes. eve ne voit plus , ne sent plus, et ne trouve rien dans le monde, mais est heureuse - combinaison qui n'est jamais arrivée: eve devient une adulte: elle a décidé d'écouter plus les albums en entier. eve ramène du travail chez elle, mais c'est pour le lendemain. elle aimerait bien habiter dans une grande maison et avoir de l'argent. elle gère en même temps les contraintes fort bien; mais ça la modifie. eve se modifie. elle se refroidit, elle grandit, ses sourcils se froncent et elle achète des pantalons droits. elle a du mal à ne plus porter ses lunettes prada. aime-t-on la nouvelle eve? elle se plaint d'être trop souvent désagréable. elle est une plaie, une peste, une punaise parfois.
19:37 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2008
madame tout le monde
il est très étrange le fait d'avoir à nouveau envie d'écrire dans ce truc, très étrange. Souvent, j'oublie qu'il existe, quand je m'en souviens, c'est comme pense-bête, alors je décide de m'en servir comme pense bête. none's got this stupid code anyways, donc je ne pourrais pas en faire d'autre utilisation que pense bête.
Demain réunion BLDD sur les putes
Je deviens plus exigeante pour les livres, ou moins sensible, ce que je lis, la plupart du temps, me gave. Je devrais en parler à V. pour me redonner le goût.
Tout cela ne sert simplement qu'à remplir le vide, et à me faire croire, en faisant des allusions desquelles j'aurais à me rappeler après, que j'ai une vie - ce qui est, et n'est pas, le cas.
je n'ai pas le temps... aliénée comme je suis par Robert-Amsterdam et ses habitants, quel petit monde fascinant. On a du mal à croire que j'ai vécu dans un autre monde auparavant, ils veulent tous me faire croire que j'y suis née, que tout est comme ça, que tous et toutes ont ce même rapport -mais je sais que c'est faux, j'essaie de garder fermée la bulle, et de me concentrer sur la prostitution posément, en faisant la sourde oreilles aux avances de charmes et aux houles qu'ils m'imposent, aux violences qu'ils me font et aux sollicitations diverses. Demain j'ai la réunion, et je n'ai rien fait, et ça ne m'embête même pas de passer ma soirée dessus, alors qu'il y a tant d'autres choses
mais mon absence de motivation quand je lis commence, pour la PREMIERE fois de ma vie, à m'en faire douter: y a-t-il autre chose, vraiment? Je ne trouve plus DU TOUT trace du mystère et de la révélation, dans la littérature. Je ne vois que l'ennui et le bruissement pour habiter une place... c'est momorne. Je me demande d'où ça vient, en tournant les pages dans le métro, en ne lisant pas ce qui tourne et en attendant la fin, en savourant de manière toute artificielle, par principe, la césure qui m'est donnée par un livre, et je ne le lis pas, toute occupée par la césure de principe, j'attends de pouvoir le classer et ne plus jamais avoir à l'ouvrir, c'est nul et inédit. Je n'ai pas de mémoire - et là ce n'est pas parce qu'elle se recouvre, c'est parce que je suis une madame tout-le-monde à qui le réel importe, une mule qui tapote la marche devant elle de son sabot, et ne s'occupe ni de la suivante ni de la précédente, une mule vous dis-je.
Alors que faire: occuper l'espace, occuper l'espace; ce matin je me suis réveillée en me trouvant trop conne, et toute la mâtinée j'étais accaparée par les défauts qui font le revers de toute qualité, qui est elle-même une illusion anyways, et on croit qu'on est d'une telle manière mais c'est faux, et on croit qu'on vous aime pour telle et telle raison mais c'est pour tout autre chose, et pour ce que vous croyez on ne vous aime pas. Notre aveuglement est décourageant. C'est comme si on essayait sans cesse de se regarder les fesses. ou plutôt comme si on se regardait la face en croyant que ce sont nos fesses - bref.
19:17 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2008
C.R. et pères
trop parlé à C.R. pas trop parlé, on n'a pas trop parlé en essayant de parler, ça résiste, ça lutte, je crois qu'on est trop pareilles, je l'ai dit dès le début "cette fille elle me fait penser à moi", tout le monde nie, mais moi je vois bien, il y a un truc, il faut pas que ça clashe -eve fais gaffe, écrase- ça risque pas, juste un gros sceau de frustration qui va me chuter dessus. V. m'a écrit, ça fait des lustres que l'on ne se donne pas de nouvelles, c'est nul. Je me demande, du coup, ce que j'éprouverais si mon père avait réellement refait ça vie (et pas une mascarade scabreuse pour combler le vide d'ici la fin), et si un bébé m'avait, comme disait C.R., remplacé. Elle dit qu'elle est amoureuse de son père, qu'elle a vécu un gros chagrin d'amour; tout de suite j'ai flairé la complaisance que moi j'aurais pu avoir en disant ça, sauf qu'elle elle ne voulait pas en parler (alors que la complaisance on veut l'étaler). Ce sont de vieux trucs. Elle veut rester épanouie en gardant ce qui lui fait du mal loin d'elle ?!!?! L'étrangeté sur pattes.
22:38 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2008
j'essaie
J'essaie, tant que je peux, de ne pas la séparer de ça, de désamorcer mon privé privatif en la faisant venir, avec sa santé et sa spontanéité, dont je sais qu'elle va me détourner en 5 minutes de mon intérieur, mais j'ai peur qu'au fond ça ne fasse que différer
-mais non, tu sais bien que ça change ton fond, la preuve c'est que tu as de moins en moins d'intérieur
-je sais pas ce que tu cherches en lisant, ce soir, des anciens emails qui ne sont pas ceux de la personne qui était là
-c'est depuis ce coup de fil ou ce texto que j'ai besoin de t'appeler, "chérie" peut-être, mais ce serait faux, ce serait faux et pas ce que jeveux, pas ma vie, pour de mauvaises raisons - ce serait faux
M. m'a dit ce soir "ce qui m'a empêché de m'engager dans une relation plus investie avec toi c'est que tu veux toujours etre tout à la fois, toutes les possibilités, tu veux toujours être Dieu"
à propos de minutes, là je n'ai qu'une minute pour écrire, NW arrive, je lui ai dit oui alors que je resterais volontiers toute seule dans un truc nostalgique embourbonné, mais je le refuse, j'ai dit que je choisirai toujours la solution où il y a la vie, et la vie, dis-je, n'est pas derrière mais devant.
So now NW est là, et aussitôt l'effet se produit et j'ai un sourire coincé entre deux oreilles, et plus rien de la mort qui m'occupait toute entière ne reste, elle me dit "t'écoute le tube de la face B?" et j'ai juste envie de lui faire une tonne de bisous.
La mort de l'intellect, la mort de la mort, la mort du flanc, LA MORT DU FLANC!!!!
mais il ne faut pas oublier pour autant ce qu'a dit M. Lui et moi on tourne en ronds. Il se produit toujours la même chose en fin de soirée - toujours - la distance reste, malgré une proximité rétablie - rétablie sur fond d'affection, pas sur fond de proximité.
Il m'a dit que depuis le début, et cela reste maintenant, il a le sentiment que je suis inépuisable - mais maintenant c'est de la distance, c'est pas pareil - pour moi c'est cela
distance qui m'empêche de savoir si c'est autre chose qui le rend inépuisable
distance voulue par respect
mais...LA MORT DU FLANC!!!
00:32 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.10.2008
I did finally fucking failed
I did finally fucking failed, je me suis endormie au lieu de me souvenir de quoi que ce soit.
‘fallait que la couche soit vraiment épaisse
chaque fois que je rentre je me dis que je vais m’enfermer au moins 4 jours pour les souvenirs d’enfance, et je suis à nouveau entraînée dans un tourbillons d’actions, de dettes et de rendez-vous (c’est la même chose), je cours après les dettes, non pas pour les rembourser (c’est impossible) mais pour les honorer, du moins pour honorer le fait que je suis persuadée que c’est comme cela qu’il faut vivre, endetté et honoré de l’être.
Mais apparemment a me crève, je ne suis donc pas un vrai être humain ! foutu sens de l’honneur. Mais alors, c’est quoi, c’est quoi ?
N’oublie pas le système de vases communiquants. Le problème est que je me sens toute aussi commise auprès des gens qui s’endettent vis-à-vis de moi – l’équilibre n’est donc jamais rétabli
- mais tu en retires donc bien quelque chose ?
- je dois partir travailler…
ELLE N'A PAS REPONDU!
09:08 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
passoire
J’ai 26 ans et je me sens vieille, tour à tour jeune et vieille, je comprends ce que tu disais à il y a maintenant plusieurs années sur ton désir d’être vieille pour être débarrassée de tout un tas de scrupules et d’insécurités qu’on a maintenant, maintenant on est entre deux, mieux qu’à l’adolescence mais moins dans la vie, et sans doute sera-t-on de moins en moins dans la vie
J’ai peur de perdre les gens
Et en étant heureuse de me perdre moi-même,
Je ne me sens plus tiraillée, ni prise dans un jeu de force
Mais cela au prix de l’oubli, toujours, dont je m’accommode bien ou mal selon les temps,
Bien souvent, mal aujourd’hui
J’essaie de me concentrer pour me souvenir de tout ce dont j’ai à me souvenir,
J’allais envoyer à un texto aujourd’hui à Chloé pour savoir ce qu’elle m’avait dit qui m’avait tellement effondrée et mis en colère devant le cercueil de manou, lorsque je lui ai caressé le front – je me souviens, au moins, de la consistance de son front glacé
Je ne me souviens plus du trajet que nous avons fait à la messe, de si j’étais avec Johnny ou non, je dirais non
A propos de lui aussi il y aurait à jaser, à propos de ma culpabilité qui articule toute la relation que j’ai avec lui, qui en fait tout l’affect
Là pour le coup je me sens prise en sandwich – quoiqu’il me dise que c’est seulement que ça prendra du temps – mais je ne peux pas écrire librement ici à propose de cela parce qu’il a le code – prise en sandwich de proximité physique aussi
Je ne peux pas écrire librement non plus d’un éventuel désir pour des hommes – quoiqu’il n’existe pas, ou virtuellement, ou qu’il existe par ma surprise qu’il n’existe pas
Il ne faut pas oublier qu’on est presque toujours déçu avec un homme, ce n’est jamais comme on s’imagine que c’est, ou comme on a besoin que ce soit. Cela je le sais, je ne l’oublie pas. Ce que j’adore moi, c’est très logiquement comment je l’imagine ou comment j’ai besoin que ce soit – et ce n’est pas réalisable.
Conversation dans l’auto avec N.W., à qui je demandais comment elle aurait vécu le fait de n’avoir jamais été avec un homme et de toujours resté stuck avec moi (chose envisagée parce qu’elle m’a écrit en ce sens au dos du croquis du château qu’elle m’a offert) – si ça n’allait pas la hanter ; mais elle est toujours infiniment rassurée, infiniment sans problème, apparemment le problème ne se posait pas dans la panda verte.
Mais je diverge de la mort, de laquelle je voulais me souvenir – c’est pour cela que j’étais là. L’heure tourne et je ne me souviens de rien, sauf de mon rêve. J’aimerais tellement retrouver un souvenir nouveau ! un duquel je ne me serais jamais souvenue avant ! mais j’ai tout oublié. Et j’ai un silence d’or en moi, un autisme de passoire, une chape de neige. Je me dis que l’année passée, et les autres, sont entrées en moi comme de l’anesthésie. Je n’ai plus guère de culpabilité, que de la peine… je n’ai même plus peur d’être seule ! j’ai juste peur d’oublier, mais cela aussi je l’oublie, et je pars courir après autre chose… c’est que le centre de ma vie n’est plus moi.
Que mon rapport avec ma mère n’est pas résolu !
Elle a fait tous mes coming out à ma place. Ça me réjouit pour ce que ça signifie, mais c’est vache, ça annule, d’un revers, ces années de tabous qu’elle m’a imposé. Je ne m’empêche pas de continuer de tout lui reprocher, verbalement, inlassablement… c’est fou que ce soit sur elle que les problèmes se chargent.
Je n’ai pas besoin d’aide
Je vieillis, je m’anesthésie, je n’ai pas besoin d’aide parce que mon écorce durcit
Il faut que j’appelle douglas
Je ne perds plus jamais pieds !
A l’intérieur de la chambre d’hôte, transformée en tout blanc (y compris moquette et fauteuils), elle se retourne sans cesse dans son lit, et n’a plus le temps de noter les citations. Aussitôt citées elle doit se retourner, comme une carpe elle fait des sauts, pourtant l’atmosphère feutrée les étouffe, et l’odeur de rose qui imprègne les draps en fait autant. Elle voudrait sauter du moindre parapet dans le Cher, aujourd’hui – c’est ce qu’elle fait dans ses draps, mais c’est un calvaire - … par excès de calme, pour l’odeur des marronniers, par amour peut-être, ou par absence, par impuissance et par curiosité, pour provoquer quelque chose parce qu’au fond, dans la vraie vie se dit-elle, il n’y a rien. Elle dit « c’est fou comme l’histoire ne m’intéresse pas, c’est comme la politique en même pas actuel, au fond il n’y a pas grand-chose qui m’intéresse à part la littérature et la poésie, c’est que je vois pas l’intérêt d’avoir un cerveau si ce n’est pas pour construire un monde parallèle… »
Elle oublie à cette occasion qu’elle devait parler de la mort, que c’est pour cela qu’elle est là. En marchant dans l’allée du potager, elle se concentrait sur le crissement de ses chaussures exactement dans le même effort, en se demandant si elle l’entendrait de la même manière quand elle aurait soixante ans, ou plutôt en ayant peur de ne plus l’entendre, en sentant l’extrême précarité (anormalité et préciosité) de sa perception du sens de ce bruit, et Nathalie W. lui a demandé pourquoi elle souriait « je pensais, tout en me demandant si j’entendrais le même bruit de mes pas quand j’aurais soixante ans, bref en pensant des turcs comme d’habitude quoi, à une épisode… » bref elle pensait, ce jour là, tous ses mouvements, en sentant l’air frôler se bras, en sentant ses jambes et son ventre lourds, en sentant les odeurs le plus qu’elle le pouvait, que la nature n’allait pas durer – la sienne.
Aussi, est-elle revenue en auto à Paris, où elle est tombée sur deux partenaires en bord de table et de boulevard, le bistrot ressemblait à un film de Lynch, avec un barman aux yeux étranges et un pianiste de jazz tatoué sur le crâne et sourd d’une oreille, et un visage tel qu’on l’aurait cru aveugle. Personne dans le bar, les deux copines à la petite table sur la rue, nous nous asseyons donc, A.S., charlotte, N.Jeanne et moi et A.S. me chuchotte de demander « un wisky au prix voisin »… on parle assez bas, charlotte porte une jupe verte étrange sur un corsaire, (je suis habillée comme une espagnole, dit-elle, en me décrivant le sentiment de liberté qu’elle en a éprouvé en pédalant sur son vélo).
Ce matin, j’ai eu le culot de dire à N.H.J.C. « je ne sais pas si ma vie est intéressante ou pas », le culot de lui dire ça à nonoces. Je manque cruellement de tact. Elle voulait, d’ailleurs, un câlin, que je ne lui ai pas donné – j’étais TERRIBLE.
01:20 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.10.2008
nonoces
C'est idiot, j'aurais voulu que ce week-end soit parfait, que je n'aie pas eu si mal au ventre hier soir, que je n'aie pas été si déphasée par le fait de travailler pour Q.éditions et de revoir les gens et les images d'anticosti, j'aurais bien voulu ne pas rêver de mon père cette nuit ("pis, ça t'as fait plaisir de le voir?" m'a-t-elle demandé ce matin) et passer une si merveilleuse nuitée emplumée au lieu de fêter torridement ce qu'il y avait à fêter à deux, et surtout j'aurais voulu ne pas aimer ça... et ne pas accepter d'être absente comme on me l'a repproché, d'être absorbé, déphasé, songeuse, pas câline, tournée vers les ABYSSES (!). Au lieu de ça j'avais mes yeux tout en verre et en picotements de n'être pas assez clignés, qui se posaient, fixes et collés sur le fondement et le défilement, bref sur rien d'actuel, seulement bercés par le passage des bois des bords de Loire et ses couleurs d'automne. C'est ce rêve, ce rêve où encore papa refaisait surface tout affaibli, et voulait prendre part à une recherche de quelqu'un de perdu que nous cherchions, il s'attablait avec toute la bonne volonté du monde, maigre sur ses jambes, à une table où j'avais refusé avec ma cruauté habituelle de lui faire de la place, avec ses yeux battus, et je réfrénais un élan de soin, habituel. J'étais, en fait, heureuse! je me suis réveillée en murmurant "je veux mon papa..." et en me tournant dans le lit, pas câline pour un sous... ce soir je l'ai laissée en lui disant que j'avais des contes à régler avec ce rêve, ce que je fais, je ne sais comment, en envoyant un texto à d. pour une raison absurde, comme si tous mes troubles se rejoignaient au fond et pouvaient se résoudre par transfert -ceux de l'absence- mais c'est faux, d'ailleurs elle ne m'a pas répondu.
23:31 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2008
Après midi à la BU
srtysrtystruystru
16:33 Publié dans les faits, le journal, ce qui n'est pas forcément | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : boulot bibliothèque livres
13.04.2008
retour sur le tissage
Du coup voulant justifier ce matin la mort du blog à N., il a fallu que j'en justifie, par une longue tirade, l'existence, et de réaliser que c'est la médiation de la distance qui a généré ça, distance qui a joué un immense rôle dans ma vie affective dès le premier départ de D., suivi de mon départ pour Montréal il y a 5 ans maintenant, et qu'à partir de là j'ai déployé ma vie affective à travers des dimensions temporelles et spaciales éclatées entre lesquelles il fallait tricotter, nouer et re-tricotter des fils pour les tenir ensemble, et une part non-négligeable de la vie affective en question s'est trouvée occupée à ce tissage ininterrompu, qui est devenu tissage de soi, tissage d'affect à travers écriture correspondance ou simplement regard poétiquement et volontairement aliéné, dans le but de vivre dans mon quotidien et mon entourage proche -dans ses objets et ses lieux- l'extase affective qui devait être différée, faute de proximité ou de concordance horaire. Bref il a toujours fallu que mes yeux projette devant eux l'amour afin de le voir partout à l'extérieur (ne tolérant que mal sa simple intériorité), que je l'écrive et le barbouille. Faute de pouvoir le vivre autrement? J'aurais dit que c'était dans mon caractère mais là j'ai l'expérience que non, maintenant j'écris plus, je suis là, il n'y a plus qu'une seule dimension de vie dans laquelle il y a tout -je n'ai plus besoin d'être un être ouvrant des dimensions ou tissant entre elles, la vie ouvre toute seule: ce sont les vacances que j'attendais.
16:21 Publié dans C'est inutile! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
la terre tourne
J'aurais quand même dû écrire une note de clôture de blog; je viens ce maitn de ma rappeler son existence, l'ouvre, et voit qu'il y a un mois exactement je regardais avec D. au lit à Baltimore des videos de Nina Simone, ça me semble tellement proche, un an, passé comme de la rigolade, enfin j'ai pas beaucoup rigolé, mais maintenant je rigole, et rien n'a plus rien avoir avec rien... j'ai appelé mon mémoire Maurice et ma bouteille de bourbon Gisèle. C'est marrant cette note sur le concert de Wax Tailor et sur les jeunes (spermatozoïdes), et la référence à N. qui pédale -- cette soirée a été ré-épluchée à la minute près au vu des évènements récents, enfin récents de 6 mois maintenant, souvenez-vous quand j'écrivais "love is in the air". Je rentre de chez N. à 17h après une mâtinée au lit, à chaque fois que je regarde par sa fenêtre depuis le lit défait je pense à Baltimore et à l'atmosphère, mais pas d'une mauvais manière, ce matin par exemple je me disais "à cette minute, je ressens tellement d'amour que je devrais éprouver ce sentiment familier du "la terre pourrait s'arrêter de tourner...", du "je donne tout pour un moment comme ça", du "le reste n'a aucune importance" et je ne l'éprouve pas, c'est ça qui est fantastique, là, c'est que je peux éprouver ce truc de malade sans que ça aille nécessairement avec un sacrifice de tout le reste, avec un prix à payer, c'est que je peux être avec N. et vouloir que la terre continue de tourner, et vouloir continuer à faire le reste, je peux tout avoir en même temps, il n'y a pas d'autre planète, tout est terrestre et la terre le veut. Je suis donc rentrée écrire Maurice, parce qu'il le faut, parce qu'il faut terminer, parce qu'il y a une fête ce soir, parce que N. peignait son salon. Bordel, je peux faire tout ce que je veux, pour toujours, et je n'aurai pas à payer pour ça.
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