Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • bois et ponts

    Tous les petits ponts boisés, toutes les rivières mes renvoient à d'autres ponts, ceux de strasbourg et leurs sandwich, ceux de Tubingen, nocturnés (début à la fin) et leurs sandwich. Tous les petits trains me renvoient à de pultiples trains, Allemands, baltimoriens ou philadelphiens. Je me suis débarassée des avions! Rien de tel. Tous les petits bars de bois, l'été, me ramènent à cette taverne de Tubingen.

    Tout cela seule.

    Ce soir, au bout de l'avenue de Carouge à Genève, au petit pont à canards ; j'ai marché pour traverser mes trois villes et j'ai abouti le long de cette grande place en losange, déserte, où jouait un cirque ; qui était un but mais est devenu un simple point de passage pour le plaisir de la transgression, encore quelques kilomètres tout droit, une plaque tournante. Mes muscules tressautent à la pause. Et j'arrive dans la vraie ville, celle de journée et de soir aux avenues larges et aux feuilles bruissantes, aux terrasses clairsemées, aux pressentiments de quotidienneté. traversée comme une artère en un aller-retour, je fais une boucle et m'arrête pour carresser les jeunes feuilles, celles qui bruissent, du plat de la main, du creux de ma main en petite boule, je veux tellement les remercier. Malgré ma stupide fumée de cigarette, des bouffées de fleur fraîches insistent pour m'ébouriffer et me faire lever le menton vers les fenêtres éclairées et tourner sur moi-même. Faire une sieste sur la banc au bout de tout, qui me fait penser à place ville marie à montréal, là où j'avais l'impression qu'avec le pont sortait la ville.

    Une heure a suffit. Tu vois, pas besoin de toute la vie.

  • acquis

    Eve, il y a un temps pour travailler, et un temps pour être émue par l'odeur des feuilles et les éclats de voix dans la rue. Tu te rends bien copte que ce n'est pas le même. Que l'un ne tue pas l'autre. Que tant que tu auras l'autre, tu peux faire n'importe quoi, tu seras toujours en sécurité. Que tu l'auras toujours. Que personne ne peut te le voler. Que le rendre plus rare, peu importe - ça rejaillira toujours.

    Ne serait-ce que parce que toujours ça te renverra aux moments précédents. Et tout, toujours, te renverra aux moments précédents. Il n'y aura pas de pire. Il n'y aura pas d'annulation, d'aliénation, ou de ligne droite. Il y a aura toujours ce qu'il y a eu avant, il y aura toujours du vent, ne serait-ce que pour quelques minutes rarement. Tu ne compromets rien, jamais. Il y a un certain nombre de choses qui sont acquises.

  • Golden Gate

    Plein et la surface embuée, je balade un sac de caillots de plomb froids qui se mêle au souvenir du métal du Golden Gate bridge sur ma joue ou de son garde corps contre mon bassin, ou sous mes sandales. Nous avions l'impression de voler, j'avais laissé ma chaussure boueuse sur un rebord vaseux de la garonne et avait décidé, des années plus tard, de m'envoler vers l'atlantique pour te retrouver, toi et mes ailes maintenant, ou plutôt ensuite, calcinées ; nous y avions cru à nouveau, au baume de la maturité, mais tout cela demeure une énigme, maintenant, hier et demain, et je me promène un sac de cailloux roulant dans le creux de mon bassin, et je l'entends rouler comme j'entendais mon cerveau à l'époque grincer.

    Il n'y a plus de lumière maintenant, ou une lumière crue de néon qui dénature ce qui n'a jamais été. Nous sommes dans le silence d'un bruissement de vies maintenant à leur place, et des années plus tard ce qu'il s'est passé je ne me l'explique toujours pas. Je parle périodiquement et formule la question à haute voix. Mais je formule la même impasse, inhérente à la formule, perplexité. Je mêle la translucidité, maintenant, de l'eau de l'aquarium de baltimore ou de sa verrière en ce jour translucide, de sluche, de mon de et de canicule, à celle de l'air de san francisco et de son ciel mauve, à ta voix, à ma démarche, à l'Allemagne et à rien. Nous avons, au fond inculte et archaique, ce qui s'est passé - c'est ça qui nous perd! Toujours ce mythe, mêlé pour toi je suis sûre à des lieux tout aussi confondus et irréels. J'ai raconté l'histoire de notre fin sans fin hier soir, je n'avais rien à dire, dès que je laisse mon récit et des des yeux objectifs se poser sur cette histoire, une coulée d'azote me descend le long du dos et brûle mes pupilles, gèle ma langue, et déclanche une fureur de haine contre les mécomprenants ou mes fautes et mes aveuglements. Jamais je ne peux entendre cette histoire. Ni même de mes oreilles, je ne la comprends pas - qu'elle est le fond de vérité obscur, partagé et inaliénable! Mais elle est là, la part d'aveuglement. Et la part de justification inventée aux attitudes inacceptables!