Ca fait du bien d'habiter le Mile End, je me sens mieux.
Je me suis rassemblée moi-même, un peu,à Bx, j'ai eu un peu de mal, j'ai du mal en fait à ne pas douter de ce que je suis et fait et tout, du coup je me fixe (réification) sur des attitudes ou des choses (sinon je me dissémine et me perd dans le vent). C'est ce qui me fait du tort dans mes relations avec les amis, je n'arrive pas à être simplement là tournée vers dehors, réceptive, ouverte, relax et dans le moment. Ca donne un résultat à l’apparence vraiment égoïste parce que mon énergie est focalisée sur le moi que je dois maintenir entier artificiellement, comme un agglomérat, et du coup j'ai du mal à communiquer vraiment avec les gens, à faire attention à eux. Je ne suis pas pleine, je ne peux pas rayonner simplement vers les gens; je suis toute occupée à me rassembler tout le temps en une personne alors je ne vois rien, je n'entends rien, ou je vois et j'entends faux. C'est frustrant et fatigant, frustrant pour les autres aussi.
Ce qui est l’origine, la semence du doute, c’est cette atroce passe de ma vie où rien de mon sort n'est décidé. Qui je suis ? Quelle personne je veux être (l’histoire de la pente et de la poétesse symbolique des années trente)? Lorsqu’un chemin m'apparaîtra comme le mien, je pourrai m’occuper d’autre chose, il s’occupera de me maintenir Une. Je pourrai focaliser mon attention sur autre chose que sur du pur doute, de la pure lutte contre la zizanie et l’éclatement du doute.
Je suis bizarre cette année, rien ne va de soit, je me crispe sur tout comme pour m'y agripper et ça rend les choses figées et cassantes. Je fais plus attentions maintenant.
J’essaie de me recentrer à partir du fond de mon tréfonds, je dois retrouver mon énergie vitale qui me fait me sentir vivante quand je vois les nuages, et vouloir le partager. Je devrais partir en voyage en plein air, j'en ai très envie d'ailleurs, il faut que je trouve des gens pour le faire un peu cet été. En attendant je ne dois pas me laisser vivre passivement (« passer au travers ») de cette période un peu difficile. D'ailleurs elle est finie, je le sens l'élan, avec ce nouveau départ, il réapparaît un peu.
Mais peut-être est-ce parce que j'ai vu V. hier et qu'il me manques TELLEMENT c'est incroyable depuis le début. Je n'ai rien reconstruit derrière, je me suis laissée faire, et là si j'y pense je vois un grand vide; il m'a toujours apporté ça dans ma vie, de la plénitude, immense, magique, voilà le problème c'est que je l'aimais mais je suis incapable d'aimer amoureusement (alors la rupture est toujours justifiée). Alors c'est cette période post rupture qui est horrible, mais tu vois le fait de me le dire ça me donne un coup de fouet pour me tirer d'affaire.
Je vais essayer, d'être éveillée, de me remplir et de retrouver ma magie. Parce qu'il n'y a pas besoin de principes ni de morale ni de pensée philosophique, quand on a de l'énergie vitale et de la magie. Tous ces trucs sont mes filets de sécurité, ce n'est pas moi, ça va partir quand je n'en aurai plus besoin pour me maintenir à flots. La magie s'en vient!
-
-
london shock
Alors je suis toute seule dans Londres, ça n'a aucun rapport avec rien, le fait d'être là, je suis encore à priori dans un transfert habituel bien que de plus en plus difficile (un paradigm shift) entre mes deux vies (la française et l'américaine), et tout d'un coup, perdue dans mes pensées dans le métro occupée à trimballer mon sac, je sors de la bouche pour tomber nez à nez avec un autobus rouge à deux étages tout clinguant. Aucun rapport. Alors ça me prend un changement de mode, oki, je suis en voyage/visite/vacances/excitation pour l'inconnu et le ciel nouveau. Bon. Je souris aux gens dans l'auberge de jeunesse, je les rencontre un peu, "tu viens d'où?" "tu viens d'où"? Horreur ce sont tous des français qui jouent au "trou du cul" après le souper et me demandent en français d'où je viens, ou plutôt ne demandent même pas et jouent au trou du cul. Moi je lis Conrad, je marche des heures, le soir, le lendemain matin, toute seule, un peu trop seule, je n'en avais pas envie. Je veux marcher à l'infini, je veux marcher Londres, je veux marcher tout le plan de la ville (du bus) que j'ai, mais je n'en ai pas le souffle, le souffle magique de San Francisco. Ce doit être parce qu'il n'y a pas de nuages pour me montrer la perspective, pour me montrer la profondeur et l'espace et me donner l'élan. Je bouffe du pain, tout est cher, je marche dans Bond Street, c'est la rue de Prada, quelle bourge cette mrs Dalloway. Je suis un peu déçue. Le meilleur moment reste celui où j'ai rencontré les autocars rouge par surprise et où j'ai réalisé ce qu'il se passait. La suite...c'est juste une histoire de pattern.
J'ai quand même bien aimé revoir l'architecture familière pour moi d'une autre époque...