C’est drôle le rêve qui a suivi, y avait plein de références à ma journée, d’abord une sorte d’oral d’admission au master 2 avec Jocelyn Benoist, corpulent, pas très jeune, très prétentieux et très fort, très sûr de lui qui m’intimidait –d’ailleurs j’oubliais tout et était très mauvaise, et j’essayais de lui faire sentir que je suis bonne, en fait, et j’y arrivais pas, je sentais que le charme n’opérait pas et qu’il ne voyait pas qui j’étais et qu’il me méjugeait et ne m’aimait pas, ne me remarquait même pas, et allait me recaler ! et à un autre moment, depuis un escalier, il se retournait vers moi et me donnait des conseils confidentiels (des clefs) pour réussi à être la meilleure, dont le plus important qui me semblait LA clef : « et…lisez la fin des chapitres ! » disait-il avec l’air entendu et moralisateur; c’est vrai que je disais à ma coloc avant de m’endormir que je ne lisais pas toujours les fins ; et ce conseil me marquait tellement dans le rêve qu’il m’en reste quelque chose là, c’est comme si dieu avait parlé et me donnait une seconde chance d’être la meilleure des meilleure, à cette condition (lire la fin des chapitres), condition évidente que je connaissais depuis le début mais n’avait pas l’autodiscipline pour l’appliquer, là encore il suffisait qu’une autorité masculine me le dise ; toutes ces choses que je sais que je devrais faire, au fond, I’m craving que quelqu’un me le dise, c’est comme le flic dans l’état de NYC qui m’a dit de conduire plus lentement m’a ainsi permis (au sens de : rendre possible) de le faire. Jocelyn Benoist m’a autorisé à lire la fin des chapitres en rêve !! youhoo ! Et ensuite, dans le rêve, on partait (il devait partir et je le poursuivais/suivais, je crois) sur un ponton flottant sur une mer agitée, ou une barque, un peu dangereux. Et après je me trouvais avec les amies du collège dans un hall de colonie de vacances (de tournée) avant le grand départ du retour dans les maisons, et personne ne m’aimait trop (typique des rêves paranoïaques récurents), je me sentais trop honteuse et pas bien, et je me changeais et le DG arrivait et j’étais en culotte et je cachais mes seins, et je me disais « mon dieu mais ça n’arrive que dans les rêves ce genre de situation horrible où on est tout nu en public, comment ça se fait que ça m’arrive en vrai !? » et HEUREUSEMENT ma coloc a passé la tête par la porte et m’a réveillée avec un grand sourire. Tout ça, quoi… c’est bizarre, quand même.
J’ai hâte de voir à quoi ressemble le vrai Jocelyn Benoist.
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Gare de l'Est
Paris again et définitivement, ça va, hier drôle de journée où j’étais assez contente et tout d’un coup tout (cet élan toujours un peu excessif que je ressens souvent, et qui est à la limite…) s’est converti en tristesse très profonde, peut-être j’avais rêvé de papa (malade et innocent, comme toujours ces derniers temps, et on pouvait y faire quelque chose ! pour m’en souvenir : il était tout gonflé d’air), peut-être Johnny est amoureux, peut-être que ça m’épuise au fond d’être super-cool avec des gens que je ne connais pas et surtout qui ne me connaissent pas, c’est étrange parce que ça ne me coûte pas du tout, cette espèce d’inconscience, ça a l’air d’être un mode d’être qui m’est également propre et naturel, une passade j’imagine, alors pour quoi, assise devant la Gare de l’Est à attendre, je me suis sentie aussi infiniment seule et absurde ? Il ne m’avait pas délaissée, pourtant, il ne m’avait pas posé un lapin pour une autre, ça ne m’a même pas effleurée le train était en retard c’est évident et pourtant c’est tellement ce qui s’est passé dans mon cœur*. Et M. qui me dit tout à l’heure avec son tact habituel « égoïste ! Tu veux le garder toute pour toi » et c’est tellement faux, je suis très objectivement heureuse, je serais très triste d’ailleurs si la situation était celle-là, mais je ne sais pas pourquoi je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer devant cette putain de choucroute –dommage qu’il n’y ait pas eu de camera pour m’attraper en larmes, ridicule en face d’une assiette à moitié pleine et d’une chaise vide et la serveuse qui fait des blagues et me dit « ça va passer (il est parti ? j’enlève l’assiette ? et moi, mouvement de balais de la main entre deux reniflements), reprenez donc du chou, c’est bon pour votre régime ! », très cinématographique.
Après j’erre, je me trouve sur l’esplanade de Beaubourg éclairée par une lumière automnale très douce, j’appelle ma blonde qui n’a pas le temps –ça coupe, d’ailleurs-. Le film de Ken Loach a assis ma journée et achevé de m’essorer. Petite salade, blabla colocatairien –je suis vraiment un boulet, j’ai péroré pendant une demi-heure, beuh- et Soljenitsyne.
*A la réflexion : ici je manque de confort affectif, dit confort incarné par Johnny. D’où mes hoquetements soudains