On me reparle de mon vilain verdict sur les vieux.
En disant ça je constatais simplement que lorsqu'on a le sentiment d'avoir vécu, le sentiment que sa vie se résume à une certaine folle période (que son -notre- essence s'est exprimée là en une fois) , on ne peut plus vivre après ça, on ne peut plus s'en libérer et c'est malheureux parce qu'on ne peut parler de rien d'autre (que de son essence, un temps on a voulu l'exprimer, mais quand elle s'est déjà exprimée on ne peut plus que la répéter, la raconter...) et plus rien n'est en jeu. C'est ça, être vieux, ne plus pouvoir se mettre en jeu. (ou plutôt: ne plus pouvoir s'y mettre d'un autre manière que la sienne habituelle, c'est à dire s'y mettre réellement).
Pour clore le débat:
anastasie dit :
tu vois, les vieux ça ne peut plus se remuer
Johnny dit :
oh, ne soyons pas trop catégorique
Johnny dit :
mais je vois ce que tu veux dire
anastasie dit :
ma catégorie est définie par ça: un vieux, c'est quelqu'un qui ne peut plus se remuer
anastasie dit :
je veux dire, qui se remue, mais qui ne se remue qu'à la manière dont il s'est toujours ou dejà remué
Johnny dit :
chacun a ses malles, valises et tiroirs
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hedge
She wrote:
"Les herissons, en tant que tels, ne traversent pas les routes.
Ils explorent a leur facon de herisson leur mileu de herisson, en fonction de leurs impulsions alimentaires et sexuelles."
calling me petite hérisson.
Alors moi bien naturellement, je passe la journée à me demander: voyons, les hérissons se font écraser et c'est pas leur faute, ils sont simplement dans leur monde de hérisson, donc anastasie tu es simplement dans ton monde de anastasie et c'est pas ta faute si tu traverses les route, je veux dire que le fait de traverser une route n'a pas le sens , dans ton monde, de traverser une route. C'est pas ta faute... Et puis après (bien sûr, quand j'ai eu bien tout raméné à ma question favorite du sens), j'ai lu (enfin) la fin de la phrase: "impulsions alimentaires et sexuelles". Alors là, ma blonde, elle exagère! Même pas droit au mot plus humain de "pulsion", non non, une bête impulsion de bête. Bon.
Alors au bout de plusieurs heures (à faire autre chose quand même) je réalise que ça sent la philosophie française vitaliste poussièreuse à plein nez. Eh oui! Il ne s'agissait que de Canguilhem qui explique que l'interrogaiton de Giraudoux sur la bizarre tendance du hérisson à traverser les routes n'a pas de sens en biologie car le hérisson ne "traverse pas les routes" en biologie, il se promène dans son monde selon ses appétits de hérisson. Bref on pourrait développer longtemps là dessus...
Crim'!!! C'est trop drôle comment, paniquée, paranoïaque, j'ai cherché le message caché... "mais...que peut-elle bien vouloir me dire?!?" God, pourquoi l'ais-je pris si personnel! C'est qu'elle traduit Canguilhem, alors elle m'envoie un texte de Canguilhem parce qu'elle s'emmerde. Waha, tout ce temps à réfléchir sur l'analogie entre ma personne et le hérisson!!
C'est trop drôle.
Showing how insecure i am.
PS: WAHA et elle me confirme qu'il y avait bien un "double entendre" avec les impulsions sexuelles et moi, et avoue que c'est effectivement pas très drôle parce qu'il se fait écraser (à suivre ses "impulsions sexuelles"). J'avais donc bien raison de "filer" l'analogie!