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  • problème de DG

    Alors avant-hier j'ai reçu ma première tape sur la fesse de mon directeur général! WAHAHA c'est trop drôle, on marchait dans la rue côte-à côte (déjà ça ne devrait pas arriver), et c'était une tape tellement comme celle que donne maman quand il faut aller se coucher, tellement pas sexualisée qu'on dirait que ça lui a échappé tellement il en a donné des pareilles à ses trois filles, j'était déjà en train de rire en marchant et là "paf!" j'ai fait un petit saut en avant et mon rire s'est transformé en un éclat immense et éberlué, je me disais "mon dieu mais que se passe-t-il, le début d'une nouvelle aire on dirait."
    Résultat je fais des rêves troubles où le directeur en costard me tient fermement et fort agréablement pour danser le meringue et me tient fermement pour tout, je n'ai cas m'appuyer....il est là le truc, le trouble, le charme réel... et il a la tête du poète haïtien trop beau que l'on a vu parler hier soir. J'ai vraiment un problème. Je veux dire pas le rêve, parce que le poète ça va, mais le DG en vrai ça va pas, quand même. 40 ans de plus que moi c'est un peu too much... boaf... en même temps il les faut bien apparemment pour que l'effet se passe, pour que je sente que je n'ai rien à faire, pour que je me laisse juste paterner....ah, autorité! Vive l'autorité. (vive les hommes).(vive le charisme, l'expérience, les pères ou les muscles, ou les mains sages). (ou les mains baladeuses...). Je suis un peu bizarre, hein...mais c'est too late, je suis fascinée. Evidemment je jouerais pas à ce petit jeu si je partais pas, petit jeu mais mon coeur....ah....

    so he said pendant que j'étais en train de minauder dans le resto chic et qu'il me regardait en souriant en m'écoutant, he said: "mais dites moi, n'est-ce pas un peu la fuite en avant, tout ça"? LA QUOI?? "vous avez dit quoi?!?", dis-je? la fuite en avant... "mais c'est la phrase fétiche de ma mère qui me répète ça depuis des années, et y a qu'elle qui dit ça, comment ça se fait que je vous parle 10 minutes et vous me dites ça, la phrase, l'unique, la plus juste que l'on pourrait dire"??
    Chcling cric bling font toutes mes carapaces qui se fendent en même temps. Je pourrais m'assoir par terre et me mettre à pleurer, là.
    Alors comme ça, il n'y a plus rien que je puisse dire...
    Je ne peux plus rien dire voyez-vous,
    Je ne peux plus avaler ce qu'il y a sur ma fourchette comprenez-vous,
    Emportez-moi loin d'ici, voulez-vous?

    C'est sur ces entrefaites que je me suis laissée emmener par le bras...

  • les folles vies potentielles

    Donc il a vécu ça, et le côté « bulle déconnectée » n'empêche pas que ce petit vécu fou et mystique soit fort et hallucinant et semble tout remettre en question. Et surtout porte à se poser des questions. Moi, ce que je pense, c’est que c'est normal d'avoir des échappées hors de notre monde douillet, qui sont d’autant plus folles et l’inverse de ce qu’on a (de ce qu’on veut, qui nous comble normalement) que le monde réel est stable ; je trouve que c'est même plutôt sain, un fantasme quoi. Je ne dis pas « sain » comme ça. Ce que je veux dire, ce que je pense, c’est que JE NE CROIS PAS qu'on soit tout noir ou tout blanc, qu’on soit « comme ça » et c’est tout, qu’on soit comme de simples atomes, non, je ne crois pas, par conséquent, que « ce qu’on est » nous suffise jamais. Mais ce n’est pas pessimiste comme ça a l’air (genre « on n’est jamais satisfait de ce qu’on est »), ni relativiste et désabusé, non, c’est simplement vrai, on ne se réduit pas à nos moments, pourrait-on dire… bien que ce soit plus fort que ça. On ne se réduit pas à ce qu’on réalise ? Hmmm… c’est un peu ça, aussi. Je crois, et la vie est très bien avec ça, que quand on le sait on est plus riche (sinon ça fait peur, un truc bizarroïde inconnu apparu en soi et engendré par soi qui n’a pas rapport). Ca doit pas faire peur. Et puis je dis ça pour moi aussi, tu vois ce qui m’arrive avec d. qui remet TOUT en question (au sens fort, tu vois, ne serait-ce que ma famille nombreuse…), ben après DES MOIS d’errances et d’éthylisation forcenée pour accepter ma schizophrénie manifeste (je croyais être rentrée dans les rangs et heureuse stable et strait mais bigre !...je ne suis pas du tout qui je crois que je suis!) j’ai décidé de ne plus me dire, même quand je le ressens « ah, merveilleux, donc je suis ça donc je m’en vais par là ça va me rendre heureuse » parce que là PAF ! Surprise ! tu n’es pas du tout celle que tu crois et ça me terrifie et je me regarde effrayée «…mais mon dieu…mais qui es-tu… », alors je ne le fais plus, me dire « je suis ça » parce que je ne le suis jamais et je m’attends au tournant. Et je n’en ai pas besoin (en ai-je besoin, de savoir ce que je suis ? ça c’est la question encore branlante). On est un être complexe depuis le début, ça se manifeste ou non, brutalement ou non, et quand ça se manifeste ce n’est pas une crise. C’est juste toi. Et cette complexité ça fait que très concrètement je ne crois donc pas qu'on se satisfasse totalement et pleinement de ce qui semble, pourtant, à nos yeux, totalement nous satisfaire. Et surtout, je ne crois pas que ce soit mal, et je crois que c’est nécessaire (au sens philosophique) anyway, le fait d’avoir d’autres aspirations aussi et d’être un peu double. ET ça ne dévalorise en rien ce qu’on a, les choix qu’on a fait, ça ne les remet pas en question. On fait des choix de vie qui nous correspondent le plus mais il y a toujours un peu de jeu, de marge, qui fait qu'il y a de la place pour des expériences impromptues qui n'ont pas leur place dans notre "pattern" (qui est le "moi" qu'on se représente qu'on est, qu'on a décidé qu'on est, dans lequel on est bien). Ca semble tout remettre en question parce que ça n'a pas sa place, et ça remet tout en question seulement si on se conçoit comme un « ça », alors qu’en fait c'est juste les bords, la marge, ça bouge, et c'est important de l'accepter je crois en tant que marge de soi, on est flous sur les bords, c'est comme ça, et une fois qu'on le sait on peut mieux se maintenir, affirmer, poser ce qu'on est (flou !). On ne peut pas se débarrasser de toutes les vies qu’on aurait pu vivre et qu’on ne vit pas, et elles sont une richesse, pas un problème, si on n’en a pas peur.